Formation et concours

Aptitudes et formation au métier d'Orthophoniste :

L'orthophoniste peut disposer de nombreuses techniques de rééducation en fonction des pathologies à traiter (langage, voix, orthographe...) et de l'âge des ses patients. Il doit faire preuve de patience et de pédagogie pour permettre au patient de compenser ses difficultés.
L'orthophoniste, sans cesse obligé de réactualiser ses connaissances (psychologie, neurologie, neuropsychologie, linguistique...), complète généralement sa formation initiale par des formations complémentaires.

La formation :
Pour exercer cette profession il faut être titulaire du certificat de capacité d'orthophoniste. Ce diplôme s'obtient après 5 ans d'études dans une unité de formation et de recherche (UFR) de sciences médicales ou de techniques de réadaptation.

Ce diplôme est validé à l'issue de 5 ans de formation et après présentation d'un mémoire de fin d'études.

Durant 5 ans :
- 1500 heures consacrées aux sciences du langage et de l'audition, psychologie, psychiatrie, gérontologie, neurologie et pathologie, méthodes de bilan et de rééducation des différentes pathologies, déontologie et législation.
- 1200 heures de stages d'observation puis de participation auprès de différentes populations (crêches, maisons de retraite, milieu scolaire, cabinets libéraux, institutions et secteur hospitalier).

Conditions d'accès :
Il n'y a pas de limite d'âge pour s'inscrire (certaines femmes choisssent ce métier après un autre parcours professionnel (enseignement...) ou après avoir élevé leurs enfants. Pour être admis à s'inscrire, les candidats doivent justifier :
- soit du baccalauréat
- soit du DAEU, Diplôme d'Accès aux Études Universitaires
- soit d'un titre français admis en dispense du baccalauréat
- soit d'un titre étranger sanctionnant une formation d'un niveau au moins égal à celle sanctionnée par le baccalauréat français : la décision d'admission est prise par le Président de l'Université.

Le concours d'entrée
Les candidats doivent satisfaire à un examen d'entrée comprenant des épreuves écrites (culture générale, orthographe... ), des tests psychotechniques et un entretien avec un jury. Les modalités de sélection varient entre les écoles, mais toutes demandent une parfaite maîtrise de la langue française. (Source : ONISEP)

Le nombre d’épreuves, leur durée, varie selon les centres d’examens (QCM ; textes à compléter ; textes ; résumé, discussion, synthèse).


Les aptitudes psychophysiques des candidats sont également évoluées (aptitudes sensorielles, motrices et psychiques, évaluation des structures de la communication écrite et orale). (Source : ONISEP)

Consultez la liste des centres de formation

La préparation au concours
Vous avez plusieurs possibilités :
- Préparer le concours vous-même (voir aide et conseils)
- Utiliser des aides à la préparation au concours sur Internet
- Vous inscrire dans une école préparatoire (un an). Consultez la liste des écoles préparatoires

A lire :
Les carrières paramédicales. Cahier n° 6. ONISEP
S'occuper d'enfants. Avenirs n° 480-481.ONISEP

Quelques conseils :

Tentez d'obtenir un mini stage d'observation (au moins une journée) ou du moins un entretien avec un orthophoniste, cela vous permettra d'avoir une opinion plus précise sur cette porfession. Cet Orthophoniste pourra déceler et vous proposer de rééduquer d'éventuels troubles (articulation, déglutition...) qui pourraient vous empêcher d'intégrer plus tard une école.

Il en est de même pour l'audition, passez rapidement un audiogramme (un autre vous sera demandé lors de l'inscription au concours) cela évitera de passer à côté d'un problème d'audition même léger.

Dès la terminale et sans avoir votre BAC en poche vous pouvez vous inscrire à un concours (dans la ville la plus proche) : c'est une bonne expérience, et puis avec de la chance vous pourriez gagner une année... Choisissez les concours en fonction de vos aptitudes personnelles et non pas en fonction de la localisation des écoles.

Concrètement, vous avez plusieurs possibilités :
- S'inscrire en FAC (formations en sciences humaines, sciences du langage ou sciences de l'éducation donc proches des domaines qui ont trait à l'orthophonie) et préparer le concours soi-même.
- S'inscrire dans une école préparatoire au concours
- S'inscrire pour une formation courte et diplômante et préparer le concours soi-même.
- S'offrir une année sabbatique et préparer le concours soi-même !!!

Se préparer à l’écrit


La partie écrite du concours est particulièrement axée sur le maniement de la langue française. Les épreuves, bien que spécifiques encore à chaque école, abordent généralement les notions d’orthographe, de vocabulaire et de grammaire. On trouve fréquemment aussi des épreuves de résumé/synthèse, ainsi que des épreuves de “culture générale” (épreuve “fourre-tout”, assez sélective par la diversité des thèmes qui peuvent y être abordés...).

Se préparer aux concours peut se faire seul, à condition d’être motivé et de savoir dans quelle direction aller. Si tel est votre choix, voici quelques conseils pour aborder les épreuves avec en main des outils utiles... ces conseils peuvent bien sûr s’appliquer à toute personne inscrite en prépa et désireuse de compléter ou de diversifier son approche des concours.

1. Ne plus faire de fautes d’orthographe
- Dans la mesure du possible, vous devez arriver au concours avec une orthographe irréprochable. Une épreuve de dictée et des épreuves de recherche de fautes dans un texte ou une série de mots sont incontournables. Il arrive même que la dictée soit assez rapide. Si vous devez réfléchir à l’orthographe en même temps que vous retenez la suite du texte et que vous écrivez, vous risquez de manquer des mots, ce qui est une façon un peu décevante de perdre des points...
- Revoyez vos règles d’orthographe grammaticale (les homophones, les accords du participe, les conjugaisons...).
- Apprenez un maximum de mots nouveaux : par leur orthographe et par leur définition. C’est une travail un peu fastidieux mais indispensable. Attention à tous ces mots que l’on croit bien connaître, et que l’on se trouve dans l’incapacité de définir avec justesse... 

2. Connaître l’analyse grammaticale
- Nature et fonction : vous devez pouvoir donner ces éléments pour n’importe quel mot de n’importe quelle phrase.
- Analyse logique (en termes de propositions...)
Attention : le niveau requis est supérieur à celui que vous avez atteint en fin de troisième. A vous de compléter votre connaissance de la grammaire avec les ouvrages appropriés.

3. Savoir résumer un texte
- Revoyez vos techniques de résumé apprises pour le bac de français.
- Apprenez à faire une synthèse de documents : on peut vous demander de donner en cinq lignes la synthèse d’une liasse de cinq pages...
- Apprenez à extraire d’un document sonore les informations essentielles en vue de rédiger une synthèse (à partir d’une écoute unique...). Il arrive que l’épreuve de résumé se fasse à partir d’un matériel entendu seulement...
* Un petit truc : à l’écrit entraînez-vous sur des articles. Avec un crayon, soulignez les mots porteurs de sens dans l’information véhiculée. Rédigez un petit résumé, puis s’il le faut, complétez ou résumez votre résumé afin d’atteindre le quart de la longueur de l’article de base. essayez tous les thèmes. N’hésitez pas à vous plonger dans des articles un peu scientifiques. A l’oral entraînez-vous en vous les faisant lire, et en essayant avant tout de les réexpliquer à la personne qui vous les a lus, puis mettez par écrit.

4. S’entraîner aux tests psychotechniques et à l’épreuve de “culture générale”
- Pas de mystère : plus on en fait, mieux on les fait. Procurez-vous des annales, lisez les journaux (pas mal de s’abonner à un hebdomadaire de l’actualité et de se faire des résumés sur les articles contenus dedans...).
- les tests psychotechniques font appel à l’observation et au raisonnement logique. Ne vous privez pas des jeux de logique dans les magazines. le test psychotechnique par excellence est la suite de dominos à compléter (quel domino doit logiquement se trouver après ceux-ci ?) : il s’agit en fait d’extraire la logique d’une suite pour l’appliquer à un élément supplémentaire (j’ai à chaque fois enlevé un point à la partie haute et ajouté un point à la partie basse...)

 

A lire : consultez notre sélection bibliographique d'ouvrages pour vous préparer efficacement au concours

 

Avec tout ça vous aurez déjà bien préparé l’écrit. “Y’a plus qu’à” comme on dit. N’hésitez pas à vous inscrire à un concours l’année du bac ou l’année de votre décision à le passer (attention : inscriptions entre décembre et janvier pour beaucoup d’écoles, ou bien en mai-juin pour les écoles dont les concours ont lieu en septembre) : avoir passé le concours une première fois donne une idée plus précise de son contenu que ce que quiconque pourra en dire. si vous le ratez cette fois-ci, vous recevrez vos notes, et pourrez donc mieux vous préparer l’année suivante en connaissant vos points faibles. Et qui sait ? Parfois à venir le passer détendu, on le réussit !

 


Se préparer à l’oral Ne reléguez pas au deuxième plan votre préparation à l’oral. Si vous êtes admissible et que vous ne vous êtes jamais posé la question de cette épreuve, vous risquez d’être éliminé, alors même que les connaissances elles-mêmes interviennent peu ici. Nous vous proposons une série de petites choses à faire qui peuvent vous aider à mieux préparer l’oral, à faire seul ou en groupe...

Recherchez et notez la définition du métier d’orthophoniste : ce qu’il fait, où il intervient, avec quel type de pathologies. Ecrivez tout cela avec vos mots à vous. Il vaut mieux bien connaître le métier auquel vous vous destinez, pour pouvoir en parler de façon aisée. Bien aussi d’en connaître un peu sur les différentes pathologies traitées par l’orthophoniste (quiz : qu’est-ce qu’un AVC, une laryngectomie, la dyslexie (on parie que vous seriez surpris par la définition exacte de ce terme ?), la différence entre parole et langage ???).

- Faites une liste des qualités requises pour le métier d’orthophoniste. Mais ne vous stressez pas pour autant : des orthophonistes parfaits, je n’en connais pas ! Il y a l’orthophoniste parfait, et celui que vous serez...
- Sur une feuille, inscrivez les traits de votre caractère : d’un côté les aspects positifs, de l’autre les négatifs (faites relire par quelqu’un qui vous connaît bien). Puis vendez vos côtés négatifs, et tempérez les positifs : apprenez à voir tous les aspects d’un trait de caractère. Pensez à faire un parallèle entre ces différents aspects et le métier d’orthophoniste.

*Par exemple :vous êtes plutôt actif. C’est bien parce que vous fourmillez peut-être d’idées, et l’imagination est un outil formidable dans le métier d’orthophoniste. Mais c’est aussi un handicap si vous avez du mal à vous poser, et manquez un peu de patience, si vous n’allez pas toujours au fond des choses dans un désir d’en faire plus...

- Faites la liste précise de ce qui vous attire particulièrement dans le métier d’orthophoniste à l’exception d’un autre.
- Allez rencontrer un(e) orthophoniste pour voir comment se déroulent les séances de rééducation, ainsi que pour faire le point sur vous-même : avez-vous une déglutition adulte, n’avez-vous aucun trouble d’articulation ? Pendant que vous y êtes, allez faire faire un audiogramme (on vous le demandera pour le concours).
- Entraînez-vous à passer un oral : avec un(e) ami(e), soyez tour à tour examinateur et examiné. Interrogez-vous sur vos motivations (pourquoi voulez-vous faire ce métier ?), sur le métier lui-même (comment définiriez-vous le métier d’orthophoniste ?), sur votre parcours et vos centres d’intérêt (présentez-vous...), mettez en place de petites épreuves faisant intervenir l’imagination, la voix,... (chantez une chanson de votre choix (ça peut arriver...), décrivez cette image, expliquez cette expression...). Dites-vous bien que le but de l’examinateur à l’oral d’un concours d’entrée en orthophonie est peut-être plus de mettre à l’épreuve votre capacité à gérer une situation de relation duelle que vos connaissances effectives (on peut se tromper, mais mieux vaut ne pas se mettre pour autant à bafouiller, perdre ses moyens et sa contenance...). N’ayez pas peur d’être spontané, même au prix d’un peu moins de précision dans vos réponses. Vérifiez que vous êtes clair, que vous mettez bien en valeur ce qui doit l’être, que vous vous “vendez” bien (c’est un peu triste à dire, mais c’est bien là ce qu’on attend de vous).