«Alzheimer est notre épée de Damoclès» : l’engagement de Francine pour aider la recherche

Nicolas Chaze  -  ven, 21/09/2018 - 09:19

A 76 ans, cette retraitée, dont la sœur a été emportée par Alzheimer, n’est pas malade mais suit une batterie de tests dans le cadre d’un ambitieux essai clinique.
Ce jeudi, Francine a pris la route vers le Mont Saint-Michel. Voyages, sorties en groupe… la retraitée de 76 ans s’astreint à de nombreuses activités. Déjà, parce qu’il suffit d’entendre sa voix guillerette pour déceler son énergie. Mais aussi parce que cette ancienne travailleuse sociale ne cache pas son « souci énorme » de développer Alzheimer. Sa sœur aînée est décédée l’an passé après dix rudes années de maladie. Alors, « quand j’ai vu le protocole, j’ai foncé », nous confie-t-elle.

Le protocole, c’est une ambitieuse étude clinique pilotée par le Pr Bruno Dubois à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Insight, son nom, observe chez des personnes bien portantes les facteurs de dégénérescence des neurones. Deux fois par an, comme 300 autres volontaires, l’habitante de l’Essonne passe une batterie de tests. « On alterne entre une série cool et une autre plus lourde : bilan sanguin avec plein de tubes, ponction lombaire, 45 minutes dans le tunnel de l’IRM… ce n’est pas rien, mais utile », résume-t-elle.

« Insight nous a déjà permis de montrer que le cerveau est capable de maintenir ses fonctions cognitives même lorsque des lésions sont là. Il compense. L’idée est d’intervenir plus tôt, avant même que les symptômes apparaissent », décrypte Bruno Dubois.

« J’espère que l’étude permettra des avancées »
« Je suis très surveillée mais si elle doit arriver, cela ne m’empêchera pas d’avoir la maladie », est consciente Francine. Son engagement, elle le dédie à la recherche : « Tous ceux qui ont mon âge, et moins, y pensent. Alzheimer est notre épée de Damoclès. La perte de repère, la dépendance, l’entourage qui trinque… cette épreuve sans perspective de traitement, c’est terrifiant. J’espère que l’étude permettra des avancées ».

En attendant, cette mère, grand-mère, arrière-grand-mère, fait « tout » pour stimuler son cerveau. « Dans le RER, j’ai lu le Canard Enchaîné ce matin ! ». Elle marche 30 minutes par jour, ne fume pas. « Par contre, je suis bof bof sur le grignotage. Mais je ne sais pas s’il faut l’écrire, on va encore dire que les plus vieux ne peuvent pas se passer des petits gâteaux », éclate-t-elle de rire, avant d’aller chercher ses petits enfants à l’école.

Auteur de l'article original: 
Florence Méréo
Source: 
Le Parisien
Date de publication (dans la source mentionnée): 
Vendredi, 21. Septembre 2018