S’il était autrefois exceptionnel de présenter un enfant à ses arrière grands-parents, c’est bien moins le cas aujourd’hui. Ces derniers exercent le plus souvent une forme de fascination sur les premiers. Et, lorsqu’ils ont la chance d’échanger avec eux, ces aïeux restent profondément ancrés dans leur mémoire.

« Observer un enfant échanger avec son arrière-grand-père ou arrière-grand-mère constitue un moment privilégié », explique Valérie P. psychologue, près de Nantes. « Ce sont des moments de partage et de transmission autour de l’histoire familiale, celle des parents et grands- parents, qui restent gravés dans la mémoire de ces jeunes ».

D’un autre côté, ces aïeux à l’âge avancé sont aussi « une confrontation au grand-âge. Les arrière-grands-parents peuvent aussi être les premières personnes que les jeunes voient mourir », poursuit-elle. Un constat confirmé dans une étude de 2004 publiée dans la Revue psychologie neuropsychiatrie vieillissement.

Des ‘vrais’ vieux…

Les auteurs, Marie-Claude Mietkiewicz et Linda Venditti de l’Université de psychologie de Nancy 2 ont tenté de savoir comment les plus jeunes percevaient leur arrière-grand-père, en l’occurrence. Leurs résultats montrent que « si la place des aïeuls dans la généalogie est parfaitement appréhendée, leurs rôles dans la famille paraissent difficiles à cerner, sans doute du fait de leur ténuité ». En revanche, ajoutent-elles, « parce qu’ils sont perçus comme les « vrais » vieux, les arrière-grands-pères remplissent certainement auprès de leurs arrière-petits-enfants jeunes, une fonction de découverte de l’âge avancé ». Et des difficultés qui l’accompagnent.

Auteur de l'article original: Emmanuel Ducreuzet pour Destination Santé
Source: Psychol NeuroPsychiatr Vieillissement 2004 ; vol. 2, n° 4 : 275-83 – Interview de Valérie P., psychologue, 29 décembre 2017
Date de publication (dans la source mentionnée): Samedi, 6. Janvier 2018
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