Cerveau du bébé : 5 idées reçues sur les premiers apprentissages

Nicolas Chaze  -  mar, 21/03/2017 - 00:01

Accompagner le développement de son bébé, c’est bien. Encore faut-il respecter son rythme. A l'occasion de la semaine du cerveau du 13 au 19 mars 2017, (re)découvrez les conseils d’experts.

1. L'aider à marcher avant 1 an, c'est bon pour son développement

Non. Le bébé a besoin de découvrir l'espace à son rythme, en fonction de la maturation de son squelette, du développement de ses muscles. L'acquisition de la marche, en moyenne à 1 an, se fait plus ou moins vite selon chacun, parfois plus tardivement, en passant ou non par la phase "je rampe".

Il n'est pas nécessaire de mettre l'enfant en position assise ou, pis, debout, avant que lui-même ne soit en mesure de le faire. Pas besoin non plus de le soutenir en permanence. Il est en revanche important de lui permettre de faire lui-même ses propres découvertes. "On peut ainsi autoriser des entreprises audacieuses, comme monter ou descendre seul du canapé, en restant évidemment à proximité, précise Chantal de Truchis, psychologue, qui s'appuie sur les travaux de l'institut Pikler-Loczy (Budapest, Hongrie). Les enfants laissés libres de leurs mouvements ne se lancent pas dans ce qui les dépasse. Ils sont prudents, tombent moins et se font moins mal que ceux que l'on stimule ou accompagne en permanence."

2. Avant 3 ans, on peut tout lui apprendre : lecture, calcul, puzzles...

Non. C'est inutile car toutes ces sollicitations extérieures interfèrent avec le propre rythme de l'enfant. Comme la marche, elles ne tiennent pas compte de son temps à lui. Il ne faut donc pas brûler les étapes. "En France, on ne fait pas assez confiance aux propres potentialités des enfants, précise Chantal de Truchis. On croit encore qu'il faut insister et insister encore." C'est l'"hyper-éducation", un comportement également pointé par le neuroscientifique américain John Medina, qui peut se révéler contre-productive car elle génère du stress face à des attentes trop rigides hors de portée du jeune enfant.

3. Lui faire écouter du Mozart "in utero" le rendra génial

Pas sûr ! L'appétence des bébés pour Mozart, promue par une étude très médiatisée dans les années 1990, n'a en fait jamais été confirmée. Les chercheurs savent aujourd'hui que l'écoute in utero de sons doux et émis à un volume raisonnable reste en mémoire jusqu'à l'âge de 6 mois comme l'a montré, par exemple, un travail finlandais publié en 2013 dans Plos One, sur l'écoute précoce à partir de la 27e semaine de gestation. Mais de là à booster par ce moyen le développement psychologique, non ! Plusieurs études émettent en effet des doutes sur l'effet à long terme. Mais rien n'arrête le marketing…

(...)

Auteur de l'article original: 
Sylvie Riou-Milliot
Source: 
Sciences et Avenir
Date de publication (dans la source mentionnée): 
Lundi, 20. Mars 2017