Des médecins américains montrent que les patients victimes d’un accident ischémique transitoire (AIT) – lié à un caillot sanguin qui obstrue une artère – seraient davantage exposés à un risque de cancer. D’autant plus s’ils cumulent des facteurs de risque comme le tabagisme. 

Le Pr Malik Adil et son équipe du Zeenat Qurehi Stroke Reseacrh Center à St Cloud dans le Minnesota ont analysé les données d’une étude multicentrique réalisée entre 1997 et 2001 auprès de 3 247 patients. Tous avaient en commun d’avoir été victimes d’un AIT. Il s’agit d’un accident vasculaire cérébral (AVC), au cours duquel une artère s’est bouchée avant… de se déboucher.

Concrètement, « l’attaque » dure une poignée de secondes ou quelques minutes, comme les troubles qui l’accompagnent : paralysie brève, perte de la parole ou problème de vision. Dans tous les cas, il s’agit d’une alerte sérieuse. L’AIT constitue une grande urgence médicale justifiant un appel au centre 15.

« Nous savions déjà que les patients qui ont souffert d’un cancer étaient plus exposés que les autres à un risque d’AVC », explique Malik Adil. Mais à l’inverse, ceux qui ont survécu à un AVC sont-ils aussi davantage à risque de cancer ? C’est ce que nous avons voulu vérifier ».

Limiter les facteurs de risque comme le tabagisme

Il en ressort effectivement que ces derniers voient leur risque de cancer augmenter jusqu’à 20% dans l’année qui suit l’AVC et même de 40% à deux ans, chez les plus de 50 ans. Et cela par rapport à une population-témoin, en bonne santé. Sans surprise toutefois, ce risque est d’autant plus élevé chez les patients qui présentent d’autres facteurs de risque de cancer : tabagisme, excès de boissons alcoolisées et antécédents familiaux en tête.

Comment expliquer cette association ? « Elle tient au fait que le sang des patients qui ont eu un cancer tend à coaguler plus souvent », souligne le Pr Adil. « De la même façon, en cas d’AVC, les tissus reçoivent moins d’oxygène. Et au niveau cellulaire, il peut s’en suivre une cascade d’événements qui dégrade notre physiologie jusqu’à entraîner le développement de tumeurs cancéreuses ». Qu’elles frappent la peau, la prostate, le sein, les poumons et le foie. Dans tous les cas, à la moindre question, interrogez votre médecin.

Auteur de l'article original: David Picot
Source: International Stroke Conference 2015, Nashville, 11-13 février 2015 - Par Destination Santé
Date de publication (dans la source mentionnée): Lundi, 23. Février 2015
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