La musique rythmée pourrait aider les enfants dyslexiques à mieux lire, selon les résultats d'une étude publiée dans la revue médicale Plos One.

Pour soigner la dyslexie des enfants, et améliorer leur capacité de lecture, il pourrait être efficace de les soumettre toutes les semaines à des séances de musique rythmée. Ce traitement devrait être suivi pendant des mois et doit être accompagnée d'orthophonie.

La dyslexie est un trouble fréquent qui touche 8% des enfants, selon l'Académie de médecine et qui engendre souvent échec scolaire et illettrisme. Pourtant, il existerait des pistes pour améliorer les capacités de lecture des enfants touchés par cette maladie handicapante.

Les chercheurs de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) ont réalisé une étude pour comprendre l'impact de la musique et de l'art plastique sur les enfants dyslexiques de 8 à 11 ans. Pour les séances de musique, des professeurs ont été formés à une pédagogie axée sur les rythmes pour que tous les enfants bénéficient de la même formation. Mais, « en situation réelle, tout programme incluant du rythme, que ce soit via le chant ou encore la danse, est intéressant », rappelle Daniele Schön, chercheur à l'Institut de neurosciences des systèmes.

Les conclusions de l'étude ont révélé que 60% des enfants du groupe "musique" s'étaient améliorés en lecture au point de sortir des critères diagnostic de dyslexie, contre seulement 28% de ceux du groupe "art plastique". Les chercheurs ont aussi soumis aux enfants un autre texte, contenant des mots inventés de façon à tester leurs capacités de déchiffrage : 75% des enfants du groupe "musique" ont réussi ce test, contre 36% dans le groupe "art plastique".

Un traitement efficace et simple à mettre en place

Ce traitement est assez facilement applicable, les séances ne demandent pas d'expertise particulière de la part des professeurs et il existe des musicothérapeutes ou professeurs de musique qui ont l'habitude de ces pratiques. Il faut juste du rythme !

"Il y a véritablement un transfert de compétence au sein du cerveau, du rythme vers l'habilité à discerner les sons et donc à lire correctement », explique le chercheur.

"L'enfant doit s'amuser et avoir envie d'y aller. Et le coût peut être assez modéré. Mais ces séances doivent venir en complément de l'orthophonie qui n'a jamais été abandonnée pendant notre étude et qui reste un pivot de la prise en charge", conclut-il.

Auteur de l'article original: Agathe Mayer
Source: Top Santé
Date de publication (dans la source mentionnée): Lundi, 9. Novembre 2015
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