Journée mondiale de sensibilisation au syndrome d’alcoolisation fœtale - Samedi 9 septembre 2017

Nicolas Chaze  -  ven, 08/09/2017 - 07:00

Depuis 1999, le 9 septembre dès 9h 09, on "célèbre" (guillemets de rigueur !) dans le monde entier les conséquences néfastes de l'alcool consommé pendant la grossesse et l'allaitement et son corrolaire, le syndrome d'alcoolisation foetale.

La consommation d’alcool est à proscrire absolument pendant la grossesse. Les effets néfastes sur le développement du fœtus sont largement documentés. Les enfants peuvent souffrir de troubles graves du comportement et de l’ apprentissage , voire présenter un syndrome d’alcoolisation fœtale. Une équipe de l’Inserm a découvert le mécanisme au cœur de la toxicité de l’alcool sur le système nerveux des enfants à naître.

« Au niveau du système nerveux, on sait que l’alcool augmente la mort neuronale, notamment par apoptose , et altère l’autophagie, un phénomène de nettoyage et de recyclage des cellules », notent les auteurs de ce travail sur les mécanismes sous -tendant les effets de l’alcoolisation fœtale. Cependant, son action toxique dans le cas d’une exposition prénatale était jusque-là inconnue. Les recherches effectuées par l’unité Inserm 1245 de l’ Université de Rouen ont permis de les décrypter.

Résultats, « une altération de l’autophagie peut également être observée dans les cellules endothéliales après une exposition prénatale à l’alcool ». Une telle exposition induit une altération de l’arborescence de la vascularisation cérébrale alors même que celle -ci est un pré-requis pour la migration de certaines populations neuronales au cours du développement. Il apparaît donc à présent que ces anomalies vasculaires s’accompagnent d’une augmentation de la mortalité des cellules endothéliales.

Vers un dépistage systématique ?

Le travail de l’équipe a pour objectif d’« identifier un marqueur périphérique de la toxicité cérébrale qui serait utilisable à la naissance pour repérer une anomalie et, à terme, proposer un traitement précoce aux enfants concernés », insistent les auteurs. « En collaboration avec le service de Pédiatrie néonatale, réanimation , neuropédiatrie du CHU de Rouen, l’équipe cherche désormais à caractériser des biomarqueurs permettant un diagnostic précoce et à identifier des cibles thérapeutiques. Objectif, dépister systématiquement les nouveau -nés à la maternité. »

En attendant, la meilleure prévention reste de respecter le zéro alcool pendant toute la grossesse. D’autant que « l’on ne connaît toujours pas les fenêtres de vulnérabilité au cours desquelles le système nerveux des enfants à naître a le plus de risque d’être altéré en présence d’alcool », concluent les auteurs.

Source : La Depêche - Destination Santé

 

Auteur de l'article original: 
La Dépêche
Source: 
La Dépêche
Date de publication (dans la source mentionnée): 
Dimanche, 3. Septembre 2017