Les footballeurs professionnels, plus à risque de maladie de Charcot ?

Nicolas Chaze  -  lun, 11/03/2019 - 14:45

Depuis les années 1980, de nombreux cas de maladie de Charcot – ou sclérose latérale amyotrophique – ont été diagnostiqués chez des sportifs professionnels, notamment des footballeurs.  Ces athlètes sont-ils plus à risque que la population générale ? Ou ces cas sont-ils davantage visibles car médiatisés ?

Qu’est-ce que la SLA ? La sclérose latérale amyotrophique (SLA) – plus connue sous le nom de maladie de Charcot – est caractérisée par une dégénérescence rapide des neurones moteurs. Elle entraîne une cascade de handicaps lourds alors que les capacités intellectuelles restent intactes. L’espérance de vie des personnes touchées se compte en quelques années à peine.

Des sportifs plus touchés ? Le monde du sport semble particulièrement affecté, à l’image en France du tennisman Jérôme Golmart décédé à l’âge de 43 ans. Mais là où cette association est la plus frappante, c’est dans le milieu du football. Ainsi, depuis les années 80, les médias relaient des cas de maladie de Charcot chez d’anciens joueurs du championnat professionnel italien, le Calcio. Afin de savoir si ces footballeurs couraient un risque particulier, des chercheurs milanais ont étudié le destin de 25 000 joueurs professionnels, ayant joué en Italie entre 1959 et 2000. Pour cela, ils ont épluché de vieux albums Panini et retrouvé la trace de joueurs aujourd’hui oubliés.

Des formes très précoces.  Résultat, parmi les joueurs étudiés, 33 ont développé une SLA, « soit une moyenne de 3,2 cas par 100 000 personnes chaque année », notent les auteurs. « Contre 1,7/100 000 dans la population générale ». Les footballeurs professionnels seraient donc 2 fois plus touchés ! Autre observation, ces sportifs ont en général été frappés très précocement, vers 43 ans, alors que la population générale l’est vers 63 ans.

Alors comment expliquer cette « épidémie » ? La statistique étant suffisamment parlante pour exclure tout hasard, les chercheurs expliquent que « l’entraînement intensif et les coups répétés à la tête » peuvent avoir leur responsabilité. Mais ils n’excluent pas l’impact de « certaines substances psychoactives ».  En effet, depuis des années, plusieurs scandales sanitaires liés au dopage sont venus écornés l’image du football italien.

Auteur de l'article original: 
Vincent Roche pour Destination Santé
Source: 
American Academy of Neurology, 27 février 2019
Date de publication (dans la source mentionnée): 
Vendredi, 8. Mars 2019