Utilisé dans le cadre du dépistage de la trisomie 21, le test prénatal non-invasif (DPNI) aurait d’autres utilités jusqu’ici insoupçonnées. Des médecins belges assurent qu’il pourrait aussi être utilisé dans le dépistage précoce de certains cancers maternels. 

Le DPNI est proposé dans quelques pays comme la France, comme alternative à l’amniocentèse. Il est utilisé en association avec un dosage sanguin de marqueurs biologiques et le cas échant, une échographie. Son objectif  est d’examiner l’ADN du fœtus, à partir du sang de la mère. Ce test est qualifié de « non-invasif » par opposition notamment à l’amniocentèse qui comporte un risque de fausse couche de 0,5% à 1%.

Le Dr Nathalie Brison et son équipe du Centre for Human Genetics à Louvain (Belgique) travaillait sur des processus visant à améliorer la précision de ce test, en vue de diminuer le risque de faux-positifs/faux-négatifs. « Bien qu’il soit déjà très fiable, nous pensions pouvoir faire encore mieux », précise-t-elle.

Avant les premiers symptômes… 

Au cours de leurs différents travaux, les scientifiques ont identifié chez trois femmes enceintes, trois anomalies génomiques différentes. « Nous nous sommes rendus compte que ces dernières ressemblaient à certaines, observées dans des unités d’oncologie ». Des examens complémentaires (IRM…) ont ensuite révélé la présence de trois cancers de stade précoce : un carcinome ovarien, un lymphome folliculaire et un lymphome Hodgkinien.

En conclusion, les auteurs suggèrent que ce « DPNI pourrait être capable de diagnostiquer des cancers avant même que les premiers symptômes n’apparaissent. Et ce, pas seulement que les femmes enceintes ». Des résultats qui restent toutefois à confirmer sur de plus larges cohortes.

Auteur de l'article original: David Picot
Source: JAMA Oncology, 5 juin 2015 – The European Human Genetics Conference 2015, Glasgow (Ecosse), 6-9 juin 2015 - Par Destination Santé
Date de publication (dans la source mentionnée): Dimanche, 14. Juin 2015
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