Un niveau d’études plus élevé améliore la cognition après 65 ans

Nicolas Chaze  -  jeu, 13/09/2018 - 13:28

Les personnes âgées qui ont fait le plus d’études au cours de leur jeunesse sont celles qui ont le meilleur capital cognitif au moment d’affronter le déclin lié à l’âge. La progression de la durée moyenne des études observée sur les dernières générations pourrait donc expliquer, au moins en partie, la baisse de l’incidence des démences constatée au cours des dernières décennies par des études de cohorte. C’est ce que suggèrent les derniers résultats d’une équipe Inserm qui a comparé les données relatives à deux "générations" de personnes âgées issues de la cohorte PAQUID.

L’éducation permettra-t-elle de préserver les prochaines générations des démences liées à l’âge, au moins en partie ? Alors que le niveau d’études n’a cessé d’augmenter en population générale au cours des dernières décennies, une équipe Inserm* constate que cette progression est associée à de meilleurs performances cognitives lorsqu’on compare deux groupes d’individus âgés ayant 10 ans d’écart.

Plusieurs études de cohortes concordantes ont indiqué une baisse de l’incidence des démences chez les personnes âgées au cours des dernières décennies. Malgré cela, l’augmentation de l’espérance de vie et l’accroissement de la population mondiale vont conduire à une augmentation du nombre de personnes atteintes de démence liées à l’âge dans le futur. Les projections tablent sur 131,5 millions de personnes concernées d’ici 2050, dont les trois quarts seront atteints de la maladie d’Alzheimer. Dans ce contexte, pour être en mesure de renforcer au mieux la prévention contre les démences dans les prochaines années, les chercheurs tentent de découvrir les facteurs associés à la baisse d’incidence constatée.

Plusieurs facteurs sont suspectés de jouer un rôle dans cette évolution : la meilleure prise en charge des maladies à complications vasculaires comme le diabète, l’hypertension, l’hypercholestérolémie, un mode de vie plus sain, mais aussi une plus grande stimulation intellectuelle et en particulier un niveau d’éducation de plus en plus élevé.

Pour évaluer l’impact du niveau d’éducation sur la fonction cognitive et le déclin de celle-ci, les chercheurs ont analysé deux groupes de personnes nées à 10 ans d’écart, appartenant  à la cohorte PAQUID. L’objectif de cette cohorte est d’étudier le vieillissement et ses complications. (...)

*unité 1219 Inserm/Université de Bordeaux, Bordeaux Population Health, équipe Expositions vie entière, santé, vieillissement, Bordeaux

Source
L Grasset et coll. Temporal Trends in the Level and Decline of Cognition and Disability in an Elderly Population: the PAQUID Study. Am J Epidemiol, édition en ligne du 11 juin 2018

 

Auteur de l'article original: 
Inserm.fr
Source: 
Inserm.fr
Date de publication (dans la source mentionnée): 
Samedi, 8. Septembre 2018