En raison du vieillissement de la population notamment, la prévalence de la maladie de Parkinson est en constante augmentation depuis plusieurs années. Et l’impact de cette affection neurologique difficile à traiter constitue un enjeu majeur de santé publique. Les rédacteurs de la dernière livraison du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) profitent de la journée mondiale dédiée du 11 avril pour publier une série de données essentielles au niveau national.

La maladie de Parkinson est une maladie neurologique en pleine expansion. Entre 1990 et 2015, le nombre de cas a plus que doublé dans le monde. Et la France n’est pas en reste, comme le montre Frédéric Moisan de Santé publique France dans le BEH. Son travail a consisté à estimer la prévalence et l’incidence de la maladie. Fin 2015, « le nombre de patients parkinsoniens traités était de l’ordre de 160 000, avec environ 60 000 nouveaux cas chaque année », indique-t-il. A l’aide d’un modèle statistique, il a pu estimer, en posant l’hypothèse d’une incidence constante, que « le nombre de patients aura augmenté de 56% en 2030 par rapport à 2015 ».

Et cette augmentation du nombre de cas ne vient pas seule. Elle s’accompagne d’une hausse de la mortalité chez ces patients. Une cohorte suivie pendant 7 ans révèle que le « taux de mortalité de ces patients est deux fois plus élevé que celui de la population générale ». A noter que l’impact de la maladie est plus important sur le risque de mortalité chez les femmes et les patients jeunes.

De quoi meurent les malades ?

L’enjeu est en partie de « prévenir les complications de la maladie associées à une mortalité élevée », estiment les rédacteurs du BEH. Les chutes et une démence constituent deux des complications les plus fréquentes de la maladie de Parkinson. A l’inverse, les cancers sont moins fréquents, probablement en raison de la plus faible prévalence du tabagisme chez ces patients.

Un autre travail publié dans cette édition du BEH révèle que le risque de décéder d’une pneumopathie d’inhalation était 4 fois plus élevé chez les malades que dans la population générale. « Ces résultats incitent à une vigilance accrue face aux troubles de la déglutition et ceux de l’équilibre responsable des chutes. »

Les agriculteurs et… leurs voisins !

Un dernier travail montre une incidence plus importante chez les agriculteurs. Pour eux, un risque plus élevé de 10% par rapport au reste de la population a été évalué. Mais une hausse de l’incidence a également été observée « dans la population générale dans les cantons français les plus agricoles, notamment les cantons viticoles ».

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Auteur de l'article original: Dominique Salomon pour Destination Santé
Source: BEH, 10 avril 2018
Date de publication (dans la source mentionnée): Samedi, 14. Avril 2018
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